Miniature Windcoop (4)

Depuis la découpe de la première tôle, une question se pose : et maintenant, on fait quoi ?

La construction d’un navire, c’est comme une chorégraphie bien orchestrée : pendant que la coque prend forme, d’autres équipes avancent déjà sur les équipements, les réseaux, les contrôles et les essais. Tout progresse en parallèle. Dans cet article, on vous explique comment se construit Miaraka, notre premier porte-conteneurs à voile, avec des repères simples pour comprendre comment suivre l’avancement du chantier. 


Sommaire :

1) Les grands jalons : des balises pour se repérer

2) Le secret de la coque : un puzzle géant… en 37 morceaux

3) L’assemblage sur cale : le moment “wahou”… et la colonne vertébrale du chantier

4) Le rôle des essais

5) Les voiles : un jalon à part

6) Ce qu’il faut retenir


1) Les grands jalons : des balises pour se repérer


Jalons du projet (4)
Illustration : frise des grands jalons. 

Pour se repérer, un chantier naval est rythmé par quelques jalons. Pensez-y comme des balises : elles donnent la cadence, sans raconter tout ce qui se passe entre deux.

Ce qui compte surtout, c’est ce qui se passe entre ces balises : et là, le mot-clé, c’est blocs.


2) Le secret de la coque : un puzzle géant… en 37 morceaux

On imagine parfois qu’un navire se construit “d’un seul tenant”. En réalité, c’est beaucoup plus malin : c’est modulaire. Pour Miaraka, la coque est découpée en 37 grands blocs. Un bloc, c’est un gros morceau de coque fabriqué en atelier, puis amené sur la cale pour être assemblé avec les autres. En clair : le bateau naît morceau par morceau.

Suivi construction (1)

Et chaque bloc suit le même parcours, très rodé :

  1. Découpe des tôles
  2. Fabrication / assemblage du bloc
  3. Préparation de surface (sablage / grenaillage)
  4. Peinture de protection
  5. Mise en place sur cale
  6. Soudage d’assemblage

Le point qui surprend au début : ces étapes ne se font pas “en série” pour tout le navire. Elles se font en parallèle : pendant qu’un bloc est en peinture, un autre est en fabrication, et un troisième est déjà sur cale.

C’est comme ça qu’un chantier avance à un rythme industriel, sans perdre le fil.


3) L’assemblage sur cale : le moment “wahou”… et la colonne vertébrale du chantier

Sur la cale, l’assemblage des blocs, c’est le moment “wahou” : les morceaux arrivent, s’alignent, se soudent, et la coque grandit sous nos yeux. La coordination est essentielle, car l’assemblage referme progressivement certaines zones. Et quand une zone se referme, ce qui n’a pas été fait avant devient plus long, plus compliqué, voire impossible sans reprise.


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Assemblage de blocs sur les chantiers de l’Atlantique © factualfactory

Au fil de l’avancement, on cale donc au bon moment :

Idée à retenir : l’assemblage des blocs c’est l’axe autour duquel on organise tout le reste, pour éviter le pire cauchemar d’un chantier : devoir défaire pour refaire.


4) Le rôle des essais

Sur un navire, on ne peut pas se permettre de “tester à la fin”. D’abord, certains gros équipements passent par des tests chez le fabricant : les FAT (Factory Acceptance Tests). Le principe est simple : on vérifie à l’usine qu’un équipement fonctionne comme prévu avant de l’envoyer au chantier.

L’exemple le plus parlant : le moteur. On préfère aller le voir tourner à l’usine, là où il y a les outils, les équipes et les pièces, plutôt que de découvrir un souci une fois qu’il est déjà installé à bord.

Ensuite viennent les essais côté navire : sur cale, à quai, puis les essais en mer. Et les essais en mer, c’est le test grandeur nature : le moment où le navire doit prouver que tout fonctionne ensemble, en conditions réelles.

La logique est simple : tester tôt (usine), tester progressivement (navire), tester en vrai (mer).


5) Les voiles : un jalon à part (et un article à part)

Miaraka ne se contente pas d’être un porte-conteneurs : il intègre un système vélique. La pose des voiles et l’intégration de ce système constituent un jalon technique majeur, avec des interfaces importantes (structure, équipements, intégration, essais).

On y consacrera un article spécifique, parce que c’est précisément l’un des éléments qui rend le projet singulier.


6) Ce qu’il faut retenir


Conclusion / ouverture

Construire Miaraka, c’est faire avancer un projet industriel complexe avec une logique simple à retenir : assembler la coque bloc par bloc, intégrer au bon moment ce qui fera vivre le navire, puis tester jusqu’à valider le fonctionnement en conditions réelles.

Dans un prochain article, on vous propose de regarder le chantier autrement : les métiers, les gestes, et la coordination qui rendent ce puzzle possible, parce que derrière l’acier, il y a surtout une sacrée équipe.